Marcos_by_AugustoMora

Cinq siècles plus tard... une nouvelle mise à sac

En tant qu’EZLN, nous avons été invités à cette sorte de nouveau départ dans la deuxième étape de notre participation directe à l’Autre Campagne pour prendre part aux débats sur le thème "la guerre de conquête qui frappe les campagnes mexicaines". Pour mieux comprendre notre position en cette matière, il faut d’abord évoquer...
Quelques réflexions préalables :

A. Sur la guerre néolibérale

1. Dans l’un de ces textes qui permettent aux zapatistes de dire "désolé d’avoir à vous dire que je vous l’avais dit, mais je vous l’avais bien dit" et intitulé Sept pièces du puzzle mondial, écrit il y a bientôt sept ans (juin 1997), nous avions décrit dans les grandes lignes le chemin que suivrait, et suit, le capitalisme dans sa phase actuelle. À l’époque, nous l’avions défini comme un sentier de la guerre, de guerre de conquête, une guerre mondiale, la quatrième, totalement totale. Une guerre qui dépassait toutes les autres en brutalité mais qui renouait cependant avec la conduite d’une guerre de conquête classique : détruire et dépeupler pour ensuite reconstruire et repeupler.

2. La phase dans laquelle se trouve actuellement le capitalisme est, au sens strict, une nouvelle guerre de conquête. La Quatrième Guerre mondiale, une guerre en tout lieu, à tout instant, sous toutes les formes. La plus mondiale des guerres. Le monde se trouve ainsi redécouvert mille et une fois, à tout bout de champ, chaque fois que le nouveau dieu, le marché, transforme en marchandise des biens autrefois négligés ou qui demeuraient hors du circuit mercantile.

3. De sorte que l’eau, l’air, la terre, les biens que contient le sous-sol, les codes génétiques et toutes ces "choses" qui étaient auparavant inconnues ou qui n’avaient aucune valeur d’usage et d’échange ont été transformés, au cours des vertigineuses dernières années, en marchandise. [...]

B. Sur la politique d’en haut dans le cadre de la mondialisation

1. Dans cette guerre de conquête, les corps expéditionnaires présents dans la plupart des pays d’Amérique latine sont leur propre gouvernement et la classe politique. À l’exception de Cuba, de la croissante rébellion du Venezuela et de la spécificité encore à définir de la Bolivie, les gouvernements des pays de l’Amérique latine se sont tous convertis, toutes idéologies confondues, en capitaines de reconquête des territoires qui avaient vu s’épanouir les civilisations des peuples originels de ces terres.

2. Les gouvernements nationaux ne sont aujourd’hui manifestement rien de plus que de simples gérants aux ordres de leur patron. Or un gérant, c’est avant tout un contremaître.

3. Le marché national à l’agonie, avec lui agonise aussi tout ce qu’il colportait : la classe politique traditionnelle, la classe moyenne, la pensée critique, le corporatisme, les grandes centrales syndicales ouvrières et paysannes, l’autonomie relative des institutions éducatives, de la recherche scientifique, de la culture et de l’art, les liens communautaires, le tissu social, la sécurité sociale, la sécurité des personnes et la démocratie parlementaire. [...]

C. Sur les moyens de communication

1. Si auparavant l’armée, la police, le bataillon Olympia, les "Faucons" ou les gardes blanches incarnaient les inhibiteurs de la lutte démocratique et sociale, aujourd’hui ce sont les grands moyens de communication informatisés.

2. Les mass-médias sont en même temps ministère public, jury artistique, chaire flamboyante pas toujours laïque, cabinet extra-officiel, police plénipotentiaire, juge expert à condamner ceux d’en bas et à absoudre ceux d’en haut... Oh ! Et puis, parfois ils sont même amusants.

3. Wag the dog est une expression propre à la langue anglaise qui signifie quelque chose comme "remuer le chien par la queue" (restez attentifs, s’il vous plaît, sinon c’est incompréhensible). C’est la suprême aptitude à la manipulation médiatique. Actualités, tables rondes d’experts, commentaires et colonnes des rubriques politiques ont tous pour objectif de "remuer le chien par la queue", c’est-à-dire "faire en sorte que les choses arrivent", mais en partant d’un mensonge. [...]

D. Sur les campagnes mexicaines

1. Dans les campagnes mexicaines, et comme l’a brillamment et brièvement expliqué le compañero Rafael Alegría, de Vía Campesina au Honduras, le monde entier connaît un processus de destruction et de dépeuplement et, simultanément, de reconstruction et de repeuplement.

2. Le compañero Sergio Rodríguez Lazcano en dira plus long sur ce sujet...

(Note : suivit l’exposé de Sergio Rodríguez Lazcano.) [...]

Liberté et Justice pour Atenco !
Liberté et Justice pour l’Oaxaca !

Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, mars 2007.

Traduit par Ángel Caído.

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