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[Le mythe des indécis fait florès. On s’imagine des millions d’électeurs plongés dans une épaisse confusion et choisissant à la dernière minute de soutenir X ou Y. Peu importe que cette idée soit fausse si elle est utile à beaucoup de monde. Elle permet aux candidats de mobiliser leurs troupes jusqu’à la fin de campagne et de garder le moral en promettant une "surprise". Toujours présentée comme exceptionnelle, l’indécision du corps électoral autorise les médias à maintenir un opportun suspense. La théorie du vote de la dernière heure offre enfin aux sondeurs une explication bien pratique des écarts entre leurs ultimes enquêtes et les résultats électoraux.]

Éric Dupin à lire sur son blog Les murmures d'Éric Dupin

sarkocabu3sakocabu4[Avec la décomposition de la politique et la crise du commentaire, les sondages sont la seule chose à laquelle se raccrocher. Ils remplacent l'analyse, jusqu'à se confondre avec cette dernière. Ils sont la donnée pseudo-objective par excellence, d'où leur multiplication. Or la mauvaise monnaie chasse la bonne et l'abondance tue le genre. Inflation de pourcentages, télescopage de résultats: la campagne devient illisible par le gonflement des instruments de mesure supposés la clarifier. Ce qui alimente à son tour le scepticisme des électeurs.]

Marcel Gauchet entretien à lire sur le site de L'EXPRESS