31 janvier 2009
La pédagogie de la machette
L’autre jour, pour varier, la Toñita s’est fourrée sans
autorisation dans les quartiers du Commandement général de
l’ézétaelléenné, une forteresse pourtant inexpugnable (en réalité,
c’est une cabane).
Je me trouvais là, occupé à réfléchir aux thèmes qui seraient les plus appropriés pour ces tables prétendument rondes du Festival de la digne rage, quand je me suis rendu compte que la Toñita se tenait juste à côté de moi. Elle m’a lancé :
« Eh ! Sup, ça va pas que tu fais comme ça ! », en pointant du doigt une photo grandeur nature d’Angelina Jolie avec très peu de vêtements sur elle.
« Ça ne va pas que je fasse quoi ! », lui ai-je demandé tout en révisant les barrières « anti-Toñita » que j’avais disposées pour éviter qu’il n’arrive ce qui arrivait.
« Ben, ça ce que tu fais là », rétorqua la Toña, avant d’ajouter : « Pourquoi t’as cette dame à poil avec toi ? »
J’ai allumé ma pipe, puis je lui ai dit : « Premièrement, elle n’est pas à poil, je ne demanderais d’ailleurs pas mieux. Et deuxièmement, elle n’est pas avec moi, je ne redemanderais d’ailleurs pas mieux. »
La Toñita, fidèle à son habitude, avait raté une partie du film parce qu’elle a continué : « Et troisièmement ? »
« Quel troisièmement ? », ai-je dit, étonné.
« Ben, si y a un premièrement et un deuxièmement, y a toujours un troisièmement. Moi, j’ai été troisième à l’école. » Toñita oubliait de mentionner que dans son école il n’y avait que trois élèves.
Comme je ne voulais pas me lancer dans une polémique, je lui ai proposé de lui raconter un conte, en échange de quoi elle décamperait pour pouvoir le raconter aux autres.
« Ça marche. », a-t-elle répondu, puis elle s’est assise par terre...
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, le 3 janvier 2009.
La suite (très drôle) et plein d'autres choses plus sérieuses à lire sur le site CSPCL
30 janvier 2009
Sarko vs Gérard Lambert
Après le départ forcé du préfet de la Manche, Jean Charbonniaud, un
autre responsable de la sécurité va être muté, à la suite de la visite
houleuse de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô, qui y présentait ses vœux aux
enseignants le 12 janvier. Il s'agit du directeur départemental de la
police, Philippe Bourgade, 59 ans.
Le Canard enchaîné nous avait raconté l'incident... Sarko (le président zen) avait piqué une grosse colère juste après sa prestation (voir le post précédent Faites un voeu). C'est que pendant son discours, les huées des manifestants massés au dehors et qui n'avait pas dû être repoussés assez loin parvenaient jusque dans la salle. "Mais quel con ce préfet !" avait-il alors proféré avec ce style qu'on lui connaît si bien. Sarko, c'est notre Gérard Lambert national, un petit teigneux, un sanguin, un agité du bocal avec la tête près du bonnet... Et puis rancunier avec ça ! Souvenez-vous de Dominique Rossi super flic de Corse viré parce que des militants avaient osé marcher sur la pelouse de Clavier...Ça n'a donc pas traîné, à peine 15 jours plus tard, le préfet en question et (pour faire bonne mesure) le directeur de la police sont tous deux limogés...
Morale : faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette !
Pour les plus jeunes (ou pour l'ambiance), la chanson de Renaud à écouter en dessous...
Découvrez Renaud!
29 janvier 2009
Besson commence en fanfare !
Le Canard enchaîné nous raconte le beau début d'Eric Besson, le nouveau ministre des expulsions de Sarkoland. Deux petites filles de 12 et 5 ans et demi ont passé trois jours toutes seules, dans la rieuse zone d'attente de Roisssy, avant d'être déférées, dimanche 25 janvier, au tribunal de Bobigny. Quant à leurs mères, elles avaient été arrêtées à l'aéroport, pour avoir commis l'affreux crime d'être à la fois Congolaises et venues chercher leur enfant.
A la vue de Djessy, 12 ans, et de Gudelcia, 5 ans et demi, la juge des libertés s'est étranglée et a même présidé sans revêtir sa robe noire "pour ne pas leur faire plus peur encore". A la décharge de la préfecture, Gudelcia avait eu le culot de refuser de signer sa notification de placement en zone d'attente. "Evidemment, elle ne sait pas lire ! On frôle l'indécence totale !" s'est encore indignée la juge, avant de rendre les petites à leurs mères. Toutes deux en situation régulière, précisons-le...
Dimanche, au moment où comparaissaient les deux fillettes, Eric Besson se vantait de travailler "sur les mêmes bases que Brice Hortefeux", et d'atteindre, en 2009, les 26 000 expulsions, soit à la petite fille près, 3 796 de moins qu'Hortefeux en 2008. Et le Canard de conclure : Besson n'est pas seulement un traître, c'est aussi un grand humaniste !
28 janvier 2009
Service d'accueil minimum
Jeudi, les instits sont en grève et le ministère a demandé à son administration de battre le rappel pour tenter d'assurer le service minimum d'accueil... Les Inspections Académiques zélées ont donc envoyé des courriers un peu partout pour recruter de braves citoyens susceptibles d'accueillir les enfants dans les écoles comportant plus de 25% de grévistes...
Et personne semble-t-il n'a été oublié : les enseignants retraités, les personnels et les adhérents des centres socio-culturel, les étudiants des IUFM, les lycéens en formation BEP sanitaire et social... Qui sais-je encore ? Dans le courrier rappel est fait de la loi instaurant ce service minimum, des difficultés des communes pour la mettre en place et d'une rémunération non négligeable pour les éventuels volontaires. Bref, à défaut d'entendre le profond ras-le-bol des enseignants du primaire, Darcos tente désespérément d'enrôler du monde pour sauver les apparences. A l'image de son chef suprême, l'équipe de bouffons au pouvoir est carrément pathétique !
Ci-joint, la réponse pas piquée des vers d'un retraité à l'inspectrice d'académie qui le sollicitait. (Cliquez sur le lien pour lire le document pdf.)
Réponse retraité à Courrier_IA_49
Ps : merci à Pascal pour les infos.
Happy birthday Mister President !
Sur son blog Guy Birenbaum souhaite un joyeux anniversaire à notre président... en vidéo. Trop drôle, je m'empresse de vous faire partager ça !
26 janvier 2009
A Poitiers, en vélo...
Commençons la journée par une petite vélorution.
Programme : ballade à vélo dans Poitiers, course autour des ronds points, opération escargot... Amenez donc, vos vélos..., vos rustines, une timbale pour la soupe à l'arrivée, vos pancartes, vos gosses, l'amicale des anciens cyclistes de votre ville, vos potes, vos familles, vos conseillères ANPE et vos patrons...
25 janvier 2009
Crise de confiance à l'Education nationale : les inspecteurs flippent !
Ci-dessous un extrait d'un communiqué du SNPI-FSU (syndicat national des personnels d'inspection) qui revient en particulier sur les évaluations CM2 plus que contestées (une gigantesque maldonne selon les auteurs) et de façon plus générale sur les effets de la RGPP (révision générale des politiques publiques) et le climat délétère dans les écoles élémentaires.
Une
chose s’impose désormais : la crise de confiance que d’aucuns
pressentaient est en train de se cristalliser dans le développement
d’un spectaculaire mouvement de désobéissance où se retrouvent des
milliers d’enseignants et de familles.
Les
inspecteurs assurent actuellement leurs missions statutaires au milieu
de cette tempête institutionnelle d’une gravité sans précédent. Le
ministère les a résolument engagés dans un système d’obligation de
résultats et de contrôle de qualité aux effets évidemment stressants.
Certains d’entre eux, assimilés spontanément par les familles ou par
les enseignants au bras armé du ministère, se sont vus personnellement
mis en cause dans leur dignité humaine de manière inacceptable.
Désormais, le seuil d’alerte est atteint. Tout le monde fonce droit
dans le mur.
Le SNPI-FSU, qui en décembre dernier avait alerté en vain le ministre sur la dangereuse montée du climat d’inquiétude, demande avec gravité au Premier ministre de tout faire pour apaiser une situation qui devient chaque jour insupportable. Il est nécessaire que s’instaure un vrai dialogue avec tous les représentants institutionnels de l’école et de ses partenaires afin de dédramatiser la crise et de refonder le pacte de confiance indispensable à la réussite de notre système scolaire. L’écoute, la sincérité et la transparence s’imposent pour sortir de cette invraisemblable situation minée par une RGPP désormais insupportable par sa perspective exclusivement comptable et par ses effets sociaux. Il faut redonner une chance à l’espérance ! Notre école en a fondamentalement besoin !
Les inspecteurs seront parmi ceux qui le réclameront avec force et conviction le 29 janvier prochain.
Communiqué à lire dans sa totalité sur le blog Résistance pédagogique
Manif non déclarée, tous au gnouf !
Rassemblées boulevard de la Chapelle, à Barbès, dans le XVIIIe
arrondissement de Paris pour manifester leur soutien à de jeunes
détenus dans le cadre des lois antiterroristes, une centaine de
personnes ont été arrêtées. La manifestation se déroulait dans le cadre de la semaine "Sabotons l'antiterrorisme", présentée ainsi par le collectif "Soutien aux inculpés du 11 novembre":
Ce samedi après-midi, les participants à la manifestations ont réclamé
la libération d'Isa, Juan et Damien, tous trois incarcérés pendant l'élection
présidentielle de 2007 et qui nient les faits qui leur sont reprochés.
Hélène, qui réside boulevard de la Chapelle, rapporte avoir comptabilisé pas moins de huit fourgonnettes et deux bus de police:
"Il y avait surtout des jeunes, entre 18 et 25 ans, ils
ont été très vite embarqués par la police. Je n'avais jamais vu ça.
Toute la rue était bloquée."
"Cette manifestation des “militants contestataires” n'était pas
déclarée, on a tenté de la disperser mais les manifestants n'ont pas
réagi. On a interpellé une centaine de personnes, soit autant
d'interpellations que de manifestants", explique la préfecture de
police.
Sur RUE89
24 janvier 2009
Parents prolos contre école publique à vau-l'eau
A l'heure du
goûter, des parents d'élèves de l'école Pierre Perret de Haisnes-les-La
Bassée, dans le Pas-de-Calais occupent les classes de leurs enfants.
Jusqu'à 22 heures, pour protester contre la sape de l'école publique.
Plutôt inédit dans ce quartier populaire de l'ancien bassin minier.
«On a prévu un goûter pour les enfants, et puis un débat sur les réformes, pour les parents. Et une distribution de soupe.» C'est Sébastien, technicien chez Renault-Douai, et parent d'élève, qui parle. Lui qui n'a jamais milité, jamais syndiqué dans son usine, s'est saisi de la question de l'école quand il a entendu parler de la suppression des Rased.
Il ne comprend pas qu'on les supprime, alors que dans son quartier, selon lui, il n'y en a déjà pas assez pour tous les parents qui en font la demande. «On se mobilise pour nos enfants, parce qu'on sait qu'ils seront les premiers touchés. Dans les milieux populaires, il y a plus d'enfants en difficulté, il faut pas se leurrer. C'est ici qu'on a le plus besoin des Rased».
Avec des élus et des profs, il a créé un «comité citoyen pour l'école», contre la suppression des Rased, contre la suppression des IUFM, contre les réformes en cours. Il a déjà constaté une baisse d'effectifs dans les petites classes. «C'est inquiétant. On se gargarise du fait qu'en France, les femmes font plus d'enfants que les autres en Europe, mais si on est obligé de mettre les petits dans le privé, les femmes ne pourront plus travailler. Ou alors elles feront moins d'enfants. On nous parle d'améliorer le système, or la vraie motivation, c'est que ça ne coûte pas cher»
Au programme : trois occupations, trois vendredis d'affilée, et dès ce soir, à Haisnes et à Auchy les mines, une école à chaque fois. Pour ce soir, à l'école Pierre-Perret, Sébastien espère une forte mobilisation. «On est au coeur d'une cité minière défavorisée. Les gens, on leur explique, ils se rendent compte».
Haydée Sabéran sur LibéLille
23 janvier 2009
Tarnac micmac (2), s'il n'en reste qu'un...
La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi la remise en liberté
d’Yldune Levy, mise en examen dans l’enquête sur les dégradations
contre des lignes ferroviaires à grande vitesse, a-t-on appris auprès
de son avocat, Me Steeve Montagne.
Le juge d’instruction Thierry Fragnoli avait ordonné sa remise en liberté, mais le parquet s’y était opposé par le biais d’une procédure d’urgence. La cour d’appel avait rejeté ce caractère d’urgence, ce qui avait entraîné sa remise en liberté le 16 janvier.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui a examiné vendredi l’appel du parquet sur le fond, a confirmé cette remise en liberté.
Me Montagne a exprimé à la presse son «profond sentiment de bonheur». «Il y a un postulat de dangerosité sur Yldune qui est une pure construction du ministère public, c’est cette construction qui a volé en éclats cet après-midi», a-t-il souligné.
Sur les neuf personnes mises en examen dans ce dossier, Julien Coupat est le seul à rester en détention. Une nouvelle demande de remise en liberté sera examinée par la cour d’appel le 30 janvier.
Sur Libération











