30 avril 2009
Sarcophage
Sarcophage
Vidéo envoyée par LOrangeOrange
29 avril 2009
Nouvel épisode dans "l'affaire de Tarnac".
Nous sommes en plein Belleville, il est trois heures de l'après
midi, le temps est incertain mais le soleil pointe. Nous sommes à bord
d'une auto, nous rentrons à la maison après une course sans importance.
A l'angle de la rue Jourdain et de l'avenue des Pyrénées, une voiture
pile devant nous, une bande de types patibulaires surgit de tous les
côtés, armes au poing. La fenêtre est ouverte et je vois un gros
calibre s'approcher tout contre mon visage, je crois à une sorte de
car-jacking sur-armé.
"les mains sur le tableau de bord", "on ne bouge plus... "sors de là", "les mains sur la voiture"... palpations, menottes, la conductrice est emmenée aussi sec dans le véhicule de devant, un des sales types armés prend le volant de la voiture et part avec. On enlève les menottes du passager: "toi tu peux y aller c'est après elle qu'on en a, et ne viens pas nous faire chier chez elle". Je reste seul sur le trottoir, ayant juste eu le temps de reconnaître un des enquêteurs de la section anti-terroriste, que j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer. "j'ai cru que des gens vous faisaient une blague", me dit une dame effarée. "Elle a fait quoi la fille, elle a tué quelqu'un ? " me dit un jeune qui s'approche de moi.
Un peu plus tard reprenant mes esprits après cette scène de "deux flics a Miami", je vois passer cette dépêche AFP:
" Une interpellation dans l’enquête sur les dégradations contre les lignes TGV. Une femme de 36 ans a été interpellée mardi après-midi à Paris dans le cadre de l’enquête sur les dégradations commises contre la SNCF dans laquelle neuf personnes sont mises en examen et une, Julien Coupat, encore incarcérée, a-t-on appris mardi de source policière..."
...le tout sur réquisition du juge antiterroriste Thierry
Fragnoli.
La personne interpellée est une participante active et très visible du comité de soutien parisien aux "inculpés du 11 novembre", elle est connue de tous et n'a jamais été inquiétée jusque là dans l'instruction guignolesque entamée depuis le 15 novembre.
On pense à chaque fois que le comble du ridicule a été atteint et puis non, nouvelle pirouette, nouvelle arrestation grand spectacle (elles sont tellement courantes désormais dans les quartiers nord de Paris...), pour rien, sinon un coup de pression et un peu de poudre aux yeux. Le ridicule ne tue pas c'est vrai, mais monsieur Fragnoli qui s'est engouffré dans la supercherie qu'on lui offrait, semble prêt à en repousser encore les limites, au risque de rejoindre le banc déjà bien chargé de ceux qui seront bientôt offerts à la risée publique.
Benjamin épicier-terroriste à lire ici : Soutien aux inculpés du 11 novembre
Voir aussi : L’époque révélée par l’affaire des neuf de Tarnac
23 avril 2009
La cagoule, c'est trop cool !
La cagoule, c'est trop cool !
Vidéo envoyée par franceinter
Retrouvez l'humeur de Didier Porte (le jeudi à 7h55) et de Stéphane Guillon (lundi, mardi et mercredi à 7h55) sur France Inter. Enfin, plus pour très longtemps !
20 avril 2009
Les journalistes sont des nullards
"Les journalistes sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il
faut leur marcher dessus, les écraser, ce sont des bandits et encore les bandits ont une morale" C’est ainsi que se serait exprimé Sarko 1er le 18 Mars dernier, selon le
Canard enchaîné.
L'UMP, par la voix de Frédéric Lefebvre, son porte-parole, accuse ce samedi Libération de «ressembler de plus en plus à un tract» qui contribue à «abîmer l'image de notre pays», à la suite de la publication de propos de Nicolas Sarkozy (sur Zapatero, Merkel, Obama, Barroso, Berlusconi...) mercredi et démentis par l'Elysée. «Ce quotidien, après avoir perdu ses lecteurs, perd sa crédibilité», affirme dans un communiqué Frédéric Lefebvre.
Eh bien voilà, c'est fait !
17 avril 2009
Les handicapés cachés à la vue du président
Parent d'un enfant handicapé, Jacques Paranteau-Denoël s'est ému d'un événement survenu en marge de la venue de Nicolas Sarkozy (le maître du monde, loué soit-il !*) à Châtellerault le 31 mars dernier...
La ville était déserte [...] et quelques invités étaient regroupés dans une salle polyvalente de la ville protégée (de quoi ?) par d'importantes forces de police. M. Sarkozy devait traverser la ville et particulièrement le quartier du Chillou où se trouve une maison d'accueil spécialisé de l'Apajh qui accueille des jeunes handicapés lourds. Ces derniers étaient dans la cour, en bordure de route, pour regarder innocemment les uniformes des gardes mobiles et des CRS quand, soudain, un commissaire s'approcha presque timidement du directeur qui veillait sur ses ouailles, pour lui dire, très courtoisement, de bien vouloir faire rentrer ces jeunes à l'intérieur de l'établissement ! Chouette, non ? Mais le point d'orgue était la demande faite aux familles de ne pas faire sortir leurs enfants handicapés dans la ville !Cela me fait penser, à l'envers, au splendide tableau du grand peintre Gros, intitulé "Bonaparte et les pestiférés de Jaffa".
La Nouvelle République (vendredi 10 avril 2009)
* c'est moi qui souligne
16 avril 2009
Julien Coupat : la fabrique d'un présumé coupable
C’est la chronique d’un nouveau fiasco judiciaire. D’une enquête qu’on disait «fulgurante» et qui ne cesse de perdre pied. Dernier suspect écroué dans l’affaire des sabotages des lignes de
TGV, Julien Coupat, 34 ans, mis en examen pour «association de
malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» est maintenu en
détention après le rejet de trois demandes de remise en liberté, dont
la dernière fin mars. Il termine son sixième mois de détention.
«Sa détention provisoire se prolonge en dehors des règles de droit, s’indigne Me Irène Terrel, son avocate. Il n’a pas de casier judiciaire, les faits qui lui sont reprochés sont des dégradations qui n’ont rien à voir avec du terrorisme. Non seulement aucun élément matériel n’a été retrouvé, pas de trace d’ADN, ni d’empreinte, mais les faits sont revendiqués par d’autres, en Allemagne !» Un collectif antinucléaire d’outre-Rhin a, en effet, revendiqué les actions de sabotage et ce dès le 10 novembre.
Le manque de preuves et la volonté de maintenir l’accusation de terrorisme provoquent lentement la dérive du dossier. Dernier exemple en date: le juge d’instruction a consacré ses derniers interrogatoires à l’analyse de L’insurrection qui vient, un petit livre publié sous la signature du Comité invisible en 2007, et dont Julien Coupat est soupçonné d’être l’auteur.
A lire aujourd'hui sur Libération
15 avril 2009
Sarko, un nouveau Bonaparte ?
Je ne le crois pas. Il n’est ni un nouveau Bonaparte ni un nouveau
Napoléon. C’est un énorme anachronisme, ne serait-ce que parce qu’il
n’est heureusement pas arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat.
Il n’est pas non plus un fondateur comme a pu l’être le Premier consul.
Lorsqu’on regarde l’œuvre de Bonaparte au lendemain de Brumaire, on est
impressionné : il signe vingt traités de paix avec l’Europe, conclut un
concordat avec l’Eglise, met en chantier le code civil, etc. Il
s’agissait alors de terminer la Révolution. Si Nicolas Sarkozy était
l’homme d’une telle œuvre, cela se saurait.
Il n’est pas non plus Napoléon. L’empereur s’inscrivait dans la lignée d’Alexandre le Grand ou de Charlemagne. Or, Nicolas Sarkozy est profondément l’homme du présent, d’un présent immédiat aussi fin qu’une feuille de papier à cigarette. Il ne semble avoir, sur le plan symbolique, ni passé ni avenir, et ne se réclame pas d’une continuité historique. Nicolas Sarkozy est un président amnésique, y compris de son propre passé. Lorsqu’il va en Hongrie, il refuse de visiter les lieux de sa mémoire familiale. Là est sans doute la vraie rupture, du point de vue des représentations, si on le compare à ses prédécesseurs.
Nicolas Sarkozy ne se projette pas non plus dans l’avenir : il n’est pas, semble-t-il, un président bâtisseur qui souhaiterait laisser sa marque, pour la postérité, dans l’espace parisien ou français. Son encéphalogramme historique est plat. Ses références historiques, leur instrumentalisation politique - le «sombre Moyen Age», le «peuple» régicide, la «lettre de Guy Môquet» - me font penser au lapin qui sort du chapeau. C’est de la prestidigitation, pas de l’histoire. Ses teinturiers, comme on disait au XIXe siècle de ceux qui étaient derrière les écrits d’un autre, ne me semblent pas très à l’aise avec la connaissance de l’histoire.
Emmanuel de Waresquiel (historien) à lire ici : Le Talleyrand de Sarkozy, c'est Bolloré et son yacht !
11 avril 2009
La plume de sarkozy
En hommage à l'impertinence de Stéphane Guillon, bientôt ex-chroniqueur de France Inter, et à l'aisance oratoire de Nicolas Sarkozy, qui vient d'ajouter une nouvelle perle à son collier... S'adressant aux lycéens, il leur a assuré que pour devenir médecin, faire un bac S, et donc être bon en maths, n'était pas une critère suffisante !
Certes, certes, mais pour devenir président 150 mots de vocabulaire semblent amplement suffire.
10 avril 2009
Visite présidentielle au lycée... Comment ne pas se faire chahuter ?
Ne pas prévenir de la venue de Sarko 1er, prévoir un dispositif de sécurité minimum* (une trentaine de véhicules, des centaines de policiers, une ligne de bus déviée... voir la photo !) et se rendre dans l'établissement le mercredi après-midi ; les lycéens n'ont pas cours. A part quelques
uns d'entre eux qui passaient des examens blancs et ceux qui s'étaient
inscrits pour la rencontre avec Richard Descoings, directeur de Sciences-Po et chargé de mission par le gouvernement pour débloquer la réforme du lycée, les couloirs étaient
déserts.
Idéal, décidément, pour éviter tout mouvement de mauvaise
humeur.
* selon l'Elysée
Le décryptage sur RUE89
09 avril 2009
Mauvaises intentions !
Pour maintenir Julien Coupat en prison et étayer un tant soit peu leurs accusations, les flics antiterroristes en sont réduit à convoquer Eric Hazan, l'éditeur de "L'insurrection qui vient"... espérant sans doute que celui-ci leur donne le nom des auteurs de ce texte qui demeure leur seul os à ronger !
Dans un
communiqué, La Fabrique s'insurge contre « cette tentative d'impliquer un
livre et un éditeur dans une association de malfaiteurs terroristes qui
constitue une grave atteinte à la liberté d'expression », et
précise :« N'étant
pas témoin des faits instruits dans cette affaire, Eric Hazan a répondu qu'il
n'était pas dans son rôle de combler le vide du dossier.
S'il existe
des éléments dans « L'Insurrection qui vient » enfreignant les lois
sur la presse, Eric Hazan est prêt à en répondre devant les tribunaux
compétents. »
Avocat d'Eric Hazan, Me Antoine Comte trouve dangereux que « ce livre, qui n'a fait l'objet d'aucune procédure en matière de presse, soit inclus dans une instruction pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. On n'a pas vu ça depuis la guerre d'Algérie ! »
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