29photoNicolas Sarkozy a tiré un trait sur les jeunes électeurs. Ils les juge perdus pour la droite, et préfère tout miser sur l'électorat plus âgé. Le calcul n'est pas complètement absurde : après tout, avec le vieillissement démographique, cet électorat est, numériquement, une valeur qui monte.

Avec son énergie à revendre et son discours de « rupture », Sarkozy projette une image d'homme politique « jeune ». Pourtant, et il est le premier à le savoir, c'est grâce aux voix des retraités qu'il a été confortablement élu. Selon un sondage sortie des urnes Ipsos, il a obtenu en mai 2007 65% des voix des 60 ans et plus… Et il y a une certaine logique à ce qu'il porte des valeurs et des politiques qui, croit-il, sont en phase avec cet électorat-là.

A travers cette grille de lecture, l'ensemble de sa politique trouve une certaine cohérence. La discipline à l'école, le discours sécuritaire, la fermeté en matière d'immigration, et même le rejet brutal de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne… Autant de positions visant à courtiser les hauteurs de la pyramide des âges.

Si un historien du futur devait dessiner le portrait du jeune français à travers les projets de textes législatifs au coeur du débat politique, c'est celui d'un voyou qui apparaîtrait : on ne parle plus, depuis quelques mois, que de l'interdiction des bandes, du bannissement des cagoules, de l'installation de portiques magnétiques à l'entrée des écoles, de fouilles d'élèves suspects. Est-ce là un tableau bien fidèle à la réalité ?

Une telle approche risque de laisser des traces. Déjà, aujourd'hui, selon un récent sondage, 51% des Français ont une image négative de la jeunesse, un chiffre pour le moins alarmant. Un pays qui a une telle image de son avenir n'est en effet pas le mieux armé pour l'aborder.

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