29 août 2009
Mexique : terrorisme d'Etat et impunité
Le
gouvernement mexicain, par l’intermédiaire de la Cour suprême de justice de la
nation, vient de faire libérer 20 des paramilitaires qui en décembre 1997 ont
assassiné 45 indigènes tsotsil à Acteal, dans les Hautes Terres du Chiapas. Les
victimes, en majorité des femmes et des enfants, appartenaient à l’organisation
catholique des Abejas.
Un
mouvement dont les membres ont le tort de soutenir les revendications des
zapatistes, avec lesquels la seule divergence porte sur l’organisation armée,
refusée par ces chrétiens fervents et pacifistes.
Les Abejas
étaient en prière lorsque les paramilitaires ont surgi pour commettre le
massacre. À quelques centaines de mètres se tenait un détachement de l’armée
fédérale mexicaine, sous les ordres d’un général.
La tuerie a
entraîné l’exode de plusieurs milliers d’habitants d’Acteal et des communautés
voisines, et fait naître dans toute la région un fort sentiment d’insécurité,
attisé par la présence des militaires.
Devant
l’indignation nationale et internationale, et la pression de la population
locale, la "justice" officielle avait dû opérer des arrestations.
Mais les responsables au plus haut niveau, notamment le président de la
République, Ernesto Zedillo, et le ministre de l’Intérieur, Emilio Chuayffet,
n’ont jamais été inquiétés.
La
stratégie de "guerre de basse intensité", incluant la création et
l’utilisation de groupes paramilitaires, a été mise en œuvre par le
gouvernement mexicain en réponse aux exigences zapatistes de terre, de justice
et de dignité. Les paramilitaires sont recrutés dans les villages indigènes.
Payés, armés, entraînés et protégés par l’armée, ils sont également
"récompensés" par l’usurpation des terres et des biens des familles
qu’ils terrorisent et font fuir.
Comme
l’expliquaient les anthropologues André Aubry et Angélica Inda (La Jornada du
23 décembre 1997), il s’agit essentiellement de jeunes privés d’accès à la
terre. Leur situation est liée en premier lieu au manque de terrains
cultivables à disposition des populations indigènes, historiquement dépouillées
par les colonisateurs et leurs successeurs.
Cette
privation est aggravée par l’offensive néolibérale actuelle, visant à supprimer
la propriété collective du sol (facteur de stabilité, de gestion équilibrée et
d’une culture de solidarité sociale) et à imposer la propriété individuelle,
dont on sait qu’elle débouche rapidement sur une concentration des terres au
bénéfice de l’agroindustrie. Le PRI, au pouvoir pendant plus de 70 ans, a été
le principal artisan de cette politique de paramilitarisation.
Dans la
région d’Acteal, il s’est en outre appuyé sur des églises et sectes
évangélistes pour semer la division au sein des villages, et miner l’influence
du courant de l’Église catholique proche de la "théologie de la libération".
Mais le PAN, actuellement détenteur du pouvoir fédéral avec Felipe Calderón, et
le PRD, qui gère l’État du Chiapas par l’intermédiaire du gouverneur Juan
Sabines, misent également sur le déclenchement d’une guerre civile dans la
population indigène, pour tenter de détruire la progression et les succès de
l’autonomie zapatiste, laquelle pourrait faire tache d’huile dans le reste du
pays.
Il aura
fallu, au cours des dernières années, toute la patience et la détermination de
l’EZLN (celle-ci n’a jamais
employé ses armes contre des civils, a fortiori contre d’autres indigènes) et
l’exigence d’une justice sans vengeance de la part des membres des Abejas, pour
éviter le véritable bain de sang que les gouvernements mexicains des trois
niveaux (local, régional et fédéral), par leur politique, espèrent
manifestement provoquer.
En
attendant, la libération des tueurs paramilitaires, ordonnée sous le prétexte
d’irrégularités dans les procédures pénales qui ont accompagné leur arrestation
et leur condamnation, sème le désarroi, la colère et la peur chez les familles
des victimes et les survivants.
Cette
décision témoigne d’une volonté réitérée d’assurer l’impunité des auteurs matériels
et intellectuels des crimes d’État, au Mexique et ailleurs. Elle s’inscrit dans
la continuité de ceux qui ont été récemment perpétrés contre des populations en
résistance à Atenco, à Puebla ou dans l’Oaxaca, et fait sérieusement craindre à
un retour des pratiques des assassinats massifs (massacre de Tlatelolco en
1968) et de la "guerre sale" (enlèvements et exécutions clandestines
opérées par l’armée, tortures et meurtres systématiquement impunis) des années
70 et 80.
Nous ne
devons pas oublier que la "guerre de basse intensité", enseignée à
l’École des Amériques de Fort Benning, aux USA, est une "invention"
française. En outre, des entreprises vendent du matériel militaire à l’armée
mexicaine, et des membres du RAID ont participé à la "formation" de
policiers de ce pays. Cela explique probablement l’épais et presque unanime
silence de la presse de chez nous à propos de la violence récurrente de l’État
mexicain à l’égard des populations.
Le message
envoyé par le président Calderón et ses juges aux victimes d’Acteal ne
s’adresse donc pas qu’aux victimes. Il vise également les zapatistes et tous
ceux, nombreux au Mexique, qui résistent "en bas et à gauche", sur le
terrain, aux politiques brutales de saccage et de destruction. Celles-ci
permettent, certes, à une poignée d’individus et d’entreprises de s’enrichir.
Mais, ici comme ailleurs, elles ne font que précipiter des pans entiers de
l’humanité dans le désastreux cul-de-sac de la société industrielle
capitaliste.
Jean-Pierre
Petit-Gras sur le site CSPCL
27 août 2009
Cada dia se la traga mi corazon
22 août 2009
ON NE NEGOCIE PAS AVEC LE CLIMAT, ON AGIT
Copenhague 2009
par Ultimatum-climatique

Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

19 août 2009
Août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme

Pour plus d'infos voir Fête des partisans
18 août 2009
La question de la citoyenneté
Le plus souvent, les programmes [politiques] de gauche abordent séparément les thèmes de l'éducation, de la culture et de la participation politique et associative. Bien entendu, chacun de ces thèmes a des aspects particuliers, légitimant pour une part des approches spécifiques. Mais ils se croisent en ce qui concerne le renforcement de la citoyenneté, dimension essentielle à la vitalité de la démocratie.
On sait que la moitié des électeurs américains a voté (deux fois!) pour W. Bush, qu'une nette majorité d'électeurs italiens a élu puis réélu S. Berlusconi, que les électeurs français ont, en 2002, placé devant le premier candidat de gauche non seulement un président sortant au bilan intérieur médiocre et aux casseroles tintinnabulantes mais encore un bonimenteur-provocateur frisant périodiquement le fascisme et le racisme.
Ces catastrophes électorales interpellent bien sûr les oppositions respectives (leurs programmes, leurs stratégies, leur occupation du terrain) et soulèvent éventuellement des problèmes institutionnels. Mais elles témoignent aussi des perceptions et des affects de l'électorat, de son degré de formation et d'information, de ses repères culturels, de ses critères d'évaluation. On peut penser par exemple que la popularité conquise par W. Bush et les conservateurs américains n'est pas totalement indépendante du remplacement de l'argumentaire par le publicitaire, des insuffisances de l'éducation et de la culture de masse, de l'irrespect pour les humanités (voir à ce sujet sur le blog MP de Dianne, le texte de Lucia Bohne: L'apprentissage de l'imbécillité et de la culture de l'argent).
En France, le fait que le FN ait pu séduire une part relativement importante de l'électorat ouvrier renvoie à des facteurs multiples, y compris à des défaillances de la gauche. Mais on peut raisonnablement supposer qu'il a été favorisé par des déficits civiques, éducatifs et culturels, des manques de repères historiques, une incompréhension des conséquences sociales du programme frontiste, une représentation confuse de l'immigration, parfois un mélange de naïveté et de cynisme dans l'usage du bulletin de vote.
Au-delà de l'épisode électoral, au-delà de l'importance que revêtent la formation et l'information dans le choix des candidats aux postes de pouvoir, le degré d'engagement et de compétence civiques sont essentiels au dynamisme d'une démocratie, à la capacité populaire d'influence, de contrôle, de résistance quels que soient les partis au pouvoir, à l'animation d'une vie associative, à la vitalité d'un syndicalisme capable d'aller au-delà du corporatisme.
Élever la «capacité citoyenne» de la population me semble à la fois s'inscrire pleinement dans les traditions de la gauche démocratique et dans l'actualité vivante. Cela demande bien sûr d'apporter une attention particulière à la jeunesse, en articulant les réflexions sur l'école, sur les loisirs culturels (lecture, usages d'internet, etc.) et sur la presse d'information à une ambitieuse visée d'apprentissage du métier de citoyen. Et on pourrait envisager la création d'un Observatoire dont les enquêtes périodiques auraient un double objectif:
- mesurer l'évolution de la compétence citoyenne de la population, ce qui après tout n'est peut-être pas moins important que celle du PIB, en synthétisant autant que possible les observations relatives aux participations électorales et aux engagements associatifs, à l'assimilation des valeurs républicaines, à la maîtrise d'outils culturels nécessaires au décryptage et au filtrage de l'information (repères historiques et géographiques, lecture de données statistiques élémentaires, etc.), aux pratiques de civilité et de sociabilité;
- mieux apprécier, afin de pouvoir mieux agir, les facteurs stimulant ou dégradant la compétence citoyenne, en observant par sous-populations les relations entre cette compétence, les héritages symboliques, les parcours scolaires, les pratiques culturelles."
Louis Gruel est sociologue, membre du Laboratoire d’Economie et de Sciences Sociales de Rennes. Le texte ci-dessus est l'un des trois points développés dans son article à lire sur Mediapart
17 août 2009
Tarifs EDF : les plus petits vont payer pour les plus gros
Officiellement, les prix de l'électricité ont augmenté en moyenne de
1,9% à partir de samedi 15 août. Derrière ces augmentations
"raisonnables" selon la ministre des finances se cache une révolution
tarifaire que le gouvernement n'a pas le courage politique d'assumer.
Au nom de la concurrence, de la réalité des coûts, tous les modes de
calcul ont été revus. Conséquence: les plus petits vont payer pour les
plus gros. Les abonnements les plus bas pour les particuliers
augmentent ainsi de 172%. En revanche, les plus gros consommateurs
particuliers voient leur abonnement baisser de 25%. Selon l'avis de la
Commission de régulation de l'énergie, 3 millions de sites pourraient
subir des augmentations supérieures à 10%, 1,5 million de sites allant
au-delà de 15%. Le gouvernement s'est bien gardé de faire la moindre
publicité sur cette réforme, qui pose les bases du démantèlement des
tarifs régulés.
Avec le recul, la gaffe politique du PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, prend sa véritable dimension : il a juste commis l’erreur de vendre la mèche à l’opinion publique. Car derrière les 1,9% de hausse de tarifs de l’électricité – une hausse raisonnable comme l’a soutenu avec aplomb la ministre des finances, Christine Lagarde –, se cache en fait une révolution tarifaire que le gouvernement n’a pas le courage politique d’assumer. En pleine crise, il met à bas une partie du système français. A la lecture de leurs prochaines factures, de nombreux ménages vont commencer à mesurer l’ampleur de la cachotterie. Pour eux, les augmentations pourraient s’élever à 6% voire 10% par an. Dans la droite ligne des 20% de hausses sur trois ans demandés par Pierre Gadonneix.
Il faudra du temps pour pouvoir mesurer la portée réelle des modifications apportées à un système tarifaire par nature complexe , et aujourd’hui volontairement obscurci. Des tarifications ont été supprimées, les modes de calcul pour d’autres ont été totalement révisés. Mais les changements apportés au système de base pour les particuliers donnent déjà un petit aperçu de ce qui se prépare. Ainsi le prix de l’abonnement (hors taxes) pour les plus petites installations (3 kVA) passe de 21,48 euros à 58, 42 euros, soit 172% d’augmentation. Pour EDF, ces petits compteurs coûtent cher. De plus, rappelle-t-il, ils ne représentent que 8% de l’électricité consommée.
Mais il en va de même pour les abonnements pour la puissance juste supérieure (6kVA) qui forme une bonne partie des abonnements des particuliers ne se chauffant pas à l’électricité : ils passent de 54,48 euros à 67, 47 euros, soit 24% de hausse. On est très loin de l’esprit de la charte de service public signé en 2005 entre l’Etat et EDF qui stipulait que les prix ne devaient pas dépasser l’inflation. Mais le gouvernement ne semble guère se sentir tenu par la signature de l’Etat.
Dans son avis sur cette réforme tarifaire, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’ailleurs ne le cache pas. « Les tarifs bleus résidentiels de petites puissances (3 et 6 kVA) connaissent des augmentations de facture d’autant plus élevées que la consommation du site est faible (plus de 10 % sur des consommations inférieures à 1 000 kWh) », reconnaît-elle. En revanche, remarque-t-elle, « la facture baisse d’autant plus que la consommation s’élève ». De fait, les abonnements de base pour des puissances élevées diminuent de 15%, quand le prix de kWh pour ces catégories augmente à peine. En clair, le gouvernement a délibérément choisi d’imposer les plus faibles, ceux qui consommaient le moins, particuliers comme petites entreprises, au profit des plus gros, dans un calcul parfaitement cynique, au mépris de la crise.
Sur Mediapart
16 août 2009
Los Zapatistas sacan los dientes
Documentaire sur des ateliers dentaires dans le Caracol de Roberto Barrios (avril 2008). Les communautés indigènes du Sud du Mexique, les associations mexicaines et étrangères travaillent depuis plus de quinze ans à l’amélioration des conditions de vies dans les zones reculées de la forêt Lacandone. Voici un petit exemple du travail effectué, malgré l’opposition des gouvernements successifs et de certains voisins...
les Zapatistes montrent les dents
envoyé par xavisoutham. - L'info video en direct.
Nouvelles du front (des désobéisseurs)
L'Education Nationale les avait sanctionné de 32 jours de retrait de
salaire pour avoir refusé d'appliquer l'aide personnalisée, mis en
place par Xavier Darcos. Les deux enseignants «désobéisseurs» opposés
aux réformes de l'école primaire ont ont obtenu du tribunal
administratif de Marseille la suspension de ce retrait de salaire. Une
seconde victoire pour le mouvement de résistance pédagogique après une
décision semblable du tribunal de Montpellier le 9 juillet.
14 août 2009
La merde des riches dans le tuyau des pauvres
Il y a un an, Nicolas Sarkozy discutait tout-à-l'égout dans une AG
de copropriétaires au cap Nègre. Le Président avait alors mis toute sa
force de persuasion pour que les tenants de la bonne vieille fosse
septique se rallient aux partisans du tout-à-l'égout, dont font partie
ses beaux-parents.
Problème : le vote de l'AG à laquelle le président a participé était irrégulier. Et quand on se plonge dans la tambouille procédurale des copropriétaires du cap Nègre, on découvre bien d'autres étrangetés…
Sur RUE89













