D’un hommage à la parole libertaire du sous-commandant Marcos dans le Chiapas Mexicain, qui a quitté la scène politique en 2014, aux yeux aujourd’hui tournés vers la Grèce, avec un clin d’œil à Charb….

Avant-propos (janvier 2015)

« Si vous me permettez de définir Marcos, le personnage, alors je dirais sans hésiter que c'était un hétéroclite. »

« Dernières paroles publiques » du sous-commandant Marcos, 25 mai 2014, La Realidad (Chiapas, Mexique, Monde)

Le 25 mai 2014 a arrêté « d'exister le Sous-commandant Insurgé Marcos » (1). S’il s’est ainsi retiré de la scène politique active, il pourrait nourrir encore longtemps les imaginaires émancipateurs de ceux qui sont en quête d’une politique radicalement renouvelée, et pas de la énième resucée du marketing de « la politique autrement…comme avant ». En des temps particulièrement troublés, où le néoconservatisme et l’extrême droite prospèrent en France et, plus largement, en Europe (2), après l’assassinat de nos amis de Charlie Hebdo (3) et les crimes antisémites de ce tragique mois de janvier 2015, il apparaît particulièrement important de célébrer la figure hérétique de Marcos dans la perspective que « le côté obscur de la force » ne finisse pas par recouvrir la promesse d’émancipation. Et l’on peut souhaiter aux gauches radicales, si elles veulent sortir de leurs impasses respectives et conjuguées, la réinvention démocratique de porte-parole introduisant des grains de sable libertaires dans la domination politique qui s’insinue sans cesse dans les mécanismes de représentation, comme a commencé à le dessiner le sous-commandant.

Philippe Corcuff à lire ici : Quand l'hippopotame s'emmêle

charb marcos